Économie et entreprises

Observatoire de la notoriété et de l’image de l’intelligence artificielle en France. Viavoice – Impact AI. Juin 2023

L’IA verrait-elle se réactiver les imaginaires de fascinations et d’angoisses pour l’avenir ? Le lancement de ChatGPT le 30 novembre, les préventions publiques (« lettre ouverte » du 28 mars ; pétition du 30 mai invitant à « limiter les risques posés par l’IA ») et un emballement médiatique accréditeraient ce scénario qui rappelle les visions eschatologiques, de Ray Kurzweil (“The Singularity is near. When humans transcend biology”, 2005) à Stephen Hawking.

Pourtant, cette livraison du Baromètre ViavoiceGlobal Center for the FutureImpact AI révèle une tout autre tonalité : en termes d’opinion en France et pour une large part, l’IA s’épanouit par ses âges successifs de « déploiements-adoptions », consacrant le dépassement progressif de ses propres mythologies.

La première dynamique de « déploiement-adoption » concerne les IA « établies », en passe d’être démocratisées : les « assistants vocaux » sont cités comme étant utilisés par 57 % des Français et 67 % des salariés ; les « agents virtuels » par 55 % des Français et 63 % des salariés.

La deuxième dynamique est celle des IA « génératives » (Chat GPT, Dall-e, Mid Journey, le nouveau Bing..). Les avis concernant ces IA génératives sont partagés : 47 % des Français en ont une opinion « positive » (contre 37 %) et 52 % des salariés (contre 35 %). Dès lors, 58 % des Français (64 % des salariés) ont une « bonne image » de l’IA. Ces scores sont en repli par rapport aux données enregistrées de 2018 à 2020, témoignant, pour une partie des Français, d’interrogations ; lesquelles plaident pour « le développement d’outils et de méthodes visant à développer une IA « digne de confiance », selon les deux tiers (67 %) des Français. L’Union européenne envisage d’intégrer au futur « Artificial Intelligence Act » (suite au Règlement sur l’IA », 21 avril 2021) un volet relatif aux IA génératives, régulant la fiabilité des données et les usages malveillants.

La troisième dynamique est celle d’IA futures, porteuses d’espoirs majoritaires et croissants en matière de « santé » (59 %), de « transport et de mobilité » (56 %), d’« environnement et d’énergie » (54 %). En entreprise, les salariés estiment que l’IA aura « des conséquences plutôt positives » sur « la libération de temps à forte valeur ajoutée » (61 %), « l’éducation et la formation professionnelle » (57 %, +7 points par rapport à 2020), « la performance financière » (56 %), « le bien-être » (54 %, +8).

Ainsi, cycle après cycle et en termes d’opinion, l’IA progresse-t-elle par ses usages (47 % des Français expriment une opinion « positive » sur les IA génératives, 73 % de celles et ceux qui les ont utilisées), par les vecteurs de confiance et par les espoirs d’avenir qu’elle nourrit. Et l’IA surmonte ainsi, cycle après cycle, les visions volontiers mythologiques des origines.

 

François Miquet-Marty

Président de Viavoice et du centre de prospective GCF

Par :
François Miquet-Marty
Florian Moreau

 

Publié le 20/06/2023

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